Mission et objectifs

 

La mission de l’Avant-garde est d’offrir tout service ou activité pouvant permettre à des personnes ayant vécu des problèmes de santé mentale et des troubles émotifs de s’épanouir, d’améliorer leur autonomie et leur qualité de vie. Informer et sensibiliser la population au sujet des programmes, activités, droits et ressources alternatives en santé mentale.

 

Voici les objectifs que notre groupe d’entraide s’est donnés :

1. De favoriser l’appropriation du pouvoir individuel et collectif dans une démarche d’amélioration de la santé mentale ;

2. D’influencer le développement des services en santé mentale aux niveaux local, régional et provincial ;

3. De sensibiliser et de prendre toute action nécessaire afin d’influencer le développement social qui a un impact sur la santé mentale ;

4. D’influencer le développement de pratiques novatrices et alternatives à la psychiatrie ;

5. De défendre les droits des citoyenNEs par divers moyens, dont la lutte contre les inégalités et les partialités sociales. 

 

En lien avec nos objectifs et dans le cadre de notre mission, nous avons travaillé ensemble une plate-forme qui représente les revendications que le groupe s'est donnée.  Cette plate-forme de revendications est au centre des actions de l'Avant-garde. La voici:

1)      La prévention

Constat:Nous savons maintenant qu’une multitude de facteurs tels que : le logement, la pauvreté, l’accès à des services adéquats, etc. agiront directement à court, moyen et long terme sur la santé mentale des citoyenEs.  Revendication:

  1. Que le gouvernement développe une approche globale qui permet de travailler en amont des problèmes de santé mentale.
  2. Que cette approche soit développée en tenant compte du processus d’appropriation du pouvoir.

 2)      Démystification des problèmes de santé mentale tant dans le contexte sociale que biomédical.

Constat:Nous constatons que la promotion et la sensibilisation faites au Québec sont centrées sur une vision médicale des problèmes de santé mentale. Le ministère de la santé et des services sociaux présente les problèmes comme une maladie mentale et les médicaments comme         solution. Revendication :

  1. Démystifier les problèmes de santé mentale en abordant l’ensemble des causes qui peuvent l’influencer; départager les problèmes physiques et des problèmes sociaux, des problèmes de santé mentale.

 3)      Médicalisation des problèmes sociaux

Constat:Nous assistons aujourd’hui à une médicalisation de plus en plus grande des problèmes sociaux. De plus, nous constatons que les services de santé mentale accueillent toutes personnes sans regard ou distinction entre les problèmes sociaux, les problèmes physiques et les problèmes de santé mentale.Revendication: 

  1. Nous revendiquons que soit distingué auprès de la société ce qui relève des problèmes de santé mentale, les problèmes sociaux ainsi que les problèmes de santé physique vécus par les personnes.
  2. Que l’accueil dans les services soit réorganisés en tenant compte, dans l’intervention, de ces trois dimensions.

 4)      Offrir des traitements alternatifs

Constat:Il existe une panoplie d’outils alternatifs, financée par le ministère de la santé et des services sociaux ou non, donc les citoyenEs ont difficilement accès faute  soit de promotion de ces services, de références ou de budget. Revendication :

  1.  Que le gouvernement du Québec fait la promotion de l’ensemble des ressources et services alternatifs au Québec.
  2. Que le gouvernement assume les coûts reliés à ses services au même titre que les services psychiatriques et le traitement pharmacologique.

  5)      Avoir recours à l’expertise des personnes qui vivent ou qui ont vécu des problèmes de santé mentale dans l’élaboration des services.

Constat:Bien que des efforts sont déployés afin de permettre aux personnes de participer aux tables de concertation, ces formes de participation individuelles ne permettent pas une représentation significative des personnes qui utilisent les services en santé mentale au Québec.

Par ailleurs, les personnes qui désirent s’impliquer individuellement dans les tables de concertation ne reçoivent aucun dédommagement. En conséquence, lorsque les personnes reprennent suffisamment le pouvoir sur leur vie, elles chercheront à faire un retour au travail et quitteront ainsi précocement les lieux de concertation[1] privant ainsi le réseau de leur expertise. Revendication:

  1. Que le ministère de la santé et des services sociaux finance les Rencontres régionales tel que prévu dans le Plan d’action 2005-2010.
  2. Que l’expertise des personnes soit reconnue et rémunérée.
  3.  S’assurer d’avoir des ressources dans le milieu qui soutiennent les personnes dans leur représentation.

 6)      Sectorisation

Constat:Nous constatons que les personnes qui utilisent les services en santé mentale  ne sont pas informés qu’il ont le droit de choisir le professionnel ou l’établissement duquel elles désire  recevoir des services de santé ou des services sociaux. 

 «Loi sur les services de santé et services sociaux : Article 6 : Toute personne a     le droit de choisir le professionnel ou l’établissement duquel elle désire recevoir             des services de santé ou des services sociaux.»Revendication:

    1. Que le gouvernement veille à ce que la loi sur les services de santé et les services sociaux soit respectée.
    2. Que les brochures et dépliants qui informent les citoyenEs sur leur droit contiennent cet article de loi.

[1] Dans son plus récent rapport en santé mentale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les personnes utilisatrices de services et les familles prennent part à l’élaboration des politiques, des programmes et des services afin que ceux-ci soient mieux adaptés à leurs besoins et mieux utilisés. (Plan d’action en santé mentale 2005-2020p.15)

 

L'entraide dans notre groupe comme moyen privilégié

L’entraide est né par un regroupement de gens comme vous et moi. Nous avons tous besoin de faire partie d’un groupe, qu’il soit familial, social ou culturel. La relation d’entraide, telle que (...)  

L’entraide est né par un regroupement de gens comme vous et moi. Nous avons tous besoin de faire partie d’un groupe, qu’il soit familial, social ou culturel. La relation d’entraide, telle que définie par Jean Bédard, est une relation humaine, où s’impliquent et agissent comme des êtres humains également dignes de respect et chacun fondamentalement responsable de lui-même, en vue d’atteindre leurs buts sans qu’aucun ne soit investi d’une autorité ou d’une ascendance lui venant d’un appareil institutionnel ou organisationnel.

À l’Avant-garde, l’accueil de la souffrance passe par l’entraide. Grâce aux personnes qui s’y trouvent, l’entraide démontre une fois de plus que l’écoute et l’échange entre pairs est riche et que la complicité vécue ne se retrouve ni ailleurs, ni autrement.

Le milieu de vie est un lieu d’appartenance où toute personne qui vit des problèmes de santé mentale peut s’impliquer. Il permet de discuter des réalités communes, de se donner un répit, de prendre un recul puis de s’investir, si telle est la volonté de la personne, dans une démarche d’appropriation de pouvoir sur sa vie.

Pour arriver à nos objectifs : l’éducation populaire autonome

L’éducation populaire autonome se définie comme l’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyens et citoyennes mènent collectivement des actions qui amènent (...)

L’éducation populaire autonome se définie comme l’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyens et citoyennes mènent collectivement des actions qui amènent une prise de conscience individuelle et collective au sujet de leurs conditions de vie ou de travail, et qui visent à court, moyen et long terme une transformation sociale, économique, culturelle et politique de leur milieu. (Définition du Mouvement d’Éducation Populaire et d’Action Communautaire au Québec (MEPACQ)).

Puisque nous considérons cette mission sociale comme étant fondamentale, nous priorisons le rôle d’agent de transformation social auprès des citoyenNEs, qu’ils fréquentent la ressource ou qu’ils soient dans la communauté, en faisant de l’éducation populaire.

Comme le cite Henri Lamoureux : « …l’expert du communautaire doit d’abord et avant tout être un éducateur. »

Pour l’Avant-garde, le rôle d’éducateur se situe, en plus des objectifs cités plus haut, dans le quotidien avec les gens au niveau de :

1. La gestion autonome des médicaments ;

2. Le développement du regard critique de chaque individu ;

3. La documentation sur les sujets d’actualité politique, sociale, médicale et environnementale ;

4. Les actions individuelles et collectives et la démocratie dans le groupe ;

5. Dans la communauté, cela se traduit par le biais de concertations, de présentations et de représentations.

Nos actions sont élaborées en fonction de porter et de rapporter la parole, le vécu et l’expertise des citoyenNEs qui ont été confronté à leurs émotions puis à leur santé mentale. Nous portons cette mission de façon continue.